Que sont l’euphonie et les lettres euphoniques ?

Homme qui tend l’oreille pour mieux entendre
Le français et ses nombreuses règles peuvent s’avérer complexes au premier abord. Mais une fois assimilées, ces règles de français prennent tout leur sens. Mettons en lumière les règles concernant l’euphonie et les lettres euphoniques.

L’euphonie : définition

Nous devons le mot euphonie à la langue grecque : bene et vox, qui se traduit littéralement « voix bonne », autrement dit, prononciation facile. En linguistique, l’euphonie désigne des sons agréables à entendre ou aisés à prononcer, parfois invoquée pour expliquer certains changements phonétiques.

Cette prononciation facile nous vient du mécanisme des organes de la parole. Par exemple, nous aurions du mal à prononcer : ma arbalète, ma histoire ou encore ma épi. Mon arbalète, mon histoire et mon épi se prononcent beaucoup plus facilement.

En 1932, l’Académie Française a rajouté que « l’élision et la contraction de l’article défini peuvent être regardées comme des cas d’euphonie. ».

Les lettres euphoniques : quand les utiliser ?

C’est donc pour faciliter la prononciation qu’une consonne sera insérée entre un mot finissant par une voyelle, suivi d’un mot commençant par une voyelle. Ainsi, une liaison pourra se faire et la prononciation en sera facilitée.

Ces consonnes sont appelées lettres euphoniques, pour la simple et bonne raison que leur utilisation ne sert qu’à faciliter la prononciation.

On retrouve l’usage de lettres euphoniques dans toutes les langues, faisant naturellement suite au mécanisme des organes de la parole.

Les principales lettres euphoniques de la langue Française.

Parmi les lettres euphoniques les plus utilisées dans la langue Française, nous retrouvons :

  • le L, lettre explétive qu’on place euphoniquement devant « on » : « Le lieu où l’on va. » ; « Si l’on y va. » ;
  • le t, lorsqu’un verbe conjugué se termine par une voyelle et est immédiatement suivi de la troisième personne du singulier : Fera-t-il chaud ? Viendra-t-elle à midi ? La lettre t se place entre deux tirets et non entre un tiret et une apostrophe. La lettre euphonique et les deux tirets désignent l’union indissoluble du sujet avec le verbe. Pourquoi avoir naturellement choisi le t ? Simplement parce qu’il est la marque ordinaire de la troisième personne du singulier dans notre conjugaison. Il faut par exemple dire « va-t-en » parce que le t est là le singulier du pronom personnel « vous ». Il faut donc dire va-t-en au même titre que nous dirions « allez-vous-en ».
  • Le s, qui est la terminaison de la seconde personne du singulier, vient naturellement faire la liaison après la seconde personne de l’impératif des verbes dont la terminaison est er ou ir et dont l’indicatif présent est en « e ». On y insère un s euphonique si ces impératifs sont suivis d’un adverbe « en » ou « y » ; Cependant, ce s euphonique s’écrira alors comme terminaison de l’impératif : vas-y, donnes-en à ton frère…

Il est coutume de dire que la facilité de prononciation prévaut sur les règles euphoniques. En cas de doute, mieux vaut donc faciliter vos phrases avec des liaisons, même si les règles ne le prévoient pas forcément.

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